Imoca Teamwork

Teamwork - Team Snef sur The Transat CIC - Attaquer la saison par la face Nord !

Pas de hors d’oeuvre ni d’amuse-bouche en 2024 pour les IMOCA ! C’est en direction de New-York que Justine Mettraux placera l’étrave de son 60 pieds le 28 avril prochain au départ de Lorient, à l’assaut de l’Atlantique Nord et des dépressions encore actives au printemps. La navigatrice n’aura eu que 20 jours depuis la mise à l’eau de Teamwork - Team Snef le 28 mars dernier pour prendre ses marques et (re) découvrir son IMOCA équipé de nouveaux foils. Mais les premières sensations sont bonnes, les performances au rendez-vous et à la confiance de mise pour ce début de saison qui renoue avec un parcours de légende.

Partir en transat en course depuis son port d’attache n’est pas monnaie courante. C’est pourtant bien ce qui attend Justine Mettraux dimanche 28 avril, tout comme une majorité des 33 concurrents ayant élu domicile à Lorient, chef-lieu de l’IMOCA. Pour se mettre en conditions et comme si elle ralliait un port de départ loin de ses bases, Teamwork - Team Snef s’est offert mercredi dernier une navigation de 24 heures au large, histoire de se dégourdir les foils avant de se mettre à disposition de l’organisation pour dix jours, comme l’exige le règlement de la course.

Teamwork - Team Snef dans le bon timing
C’est en compagnie de Charal, dont l’équipe héberge le projet de Justine depuis deux ans que Teamwork-Team Snef a réalisé cette navigation d’entraînement, destinée notamment à valider des configurations de voilure et s’étalonner sur un grand triangle de 300 milles dans le golfe de Gascogne. Un test grandeur nature qui succède à plusieurs entraînements, dont un stage à Port-La-Forêt, en compagnie du gratin de l’IMOCA, qui s’est révélé très positif quant au potentiel du plan VPLP 2019, upgradé par ses nouveaux foils au maximum de la jauge. « Il y a encore beaucoup de travail pour trouver l’exacte marche à suivre à toutes les allures, mais les sensations sont bonnes. Le bateau est assez différent, plus puissant bien sûr et il faut trouver de nouveaux automatismes. Mais on est plutôt contents … » glissait Justine en ralliant sa place de ponton devant la base des sous-marins.

Après une saison courue en double aux côtés de Julien Villion, la navigatrice doit aussi retrouver ses marques en solitaire, un exercice qu’elle n’a plus pratiqué depuis la Route du Rhum 2022. « Ça fait longtemps, mais ça ne s’oublie pas ! Je ne suis pas plus inquiète que ça, plutôt contente d’y retourner ! J’ai tenu à faire les 24 heures à Port-La-Forêt en faux solitaire pour enchaîner toutes les manœuvres seule. C’était un bon exercice. Ceci dit, le temps de préparation relativement court avant une transat dure comme celle qui nous attend nous place un peu dans l’inconnu ».

Mythe et réalités
Même si elle part des côtes françaises et non plus d’Angleterre, The Transat CIC conserve un parfum de légende et ce parcours exigeant qui fit entrer dans l’histoire Eric Tabarly mais aussi Loïck Peyron, Philippe Poupon ou Francis Joyon pour ne citer qu’eux. Une première pour Justine qui n’a jamais eu l’occasion de participer à cette course, reportée en 2020 pour cause de pandémie. « C’est un mythe qui fait partie de notre histoire, au même titre que la Route du Rhum ou la Transat Jacques Vabre. J’ai eu l’occasion de faire le parcours en entraînement sur 11th Hour Racing Team il y a deux ans et je ne me fais aucune illusion : L’Atlantique Nord au printemps, ça peut être violent ! »

Un menu qui ne fait trop peur à la suissesse, elle qui avait montré lors de la dernière Transat Jacques Vabre qu’elle n’hésitait pas à monter au front, pimentant ainsi une course où beaucoup de concurrents avaient joué la sécurité. Qu’en sera-t-il sur cette Transat CIC, alors que de nombreux skippers sont encore dans leur processus de qualification pour le Vendée Globe et qu’il faudra enchaîner en juin avec la deuxième transat de la saison entre New-York et Les Sables d’Olonne ? « Ce n’est pas déterminant, mais c’est certain que ça aura une influence. Chacun fait ses calculs d’apothicaire ! La règle pousse à naviguer mais elle est quand même rude. Pour ma part, ça fait trois ans que je suis sur le circuit, j’ai fait 12000 milles et il m’en manque encore 2000 en course et en solitaire pour valider définitivement ma participation au Vendée Globe. J’essaie de ne pas trop y penser et je prends plutôt cette transat comme un exercice de plus vers ce grand rendez-vous ».

En attendant de jongler avec les dépressions et de jouer à cache à cache dans les brumes de l’Atlantique Nord, Teamwork-Team Snef participera à la grande parade prévue demain à partir de 15 heures en prélude de l’ouverture du village. Au programme, un tour de l’île de Groix, avant de reprendre ses quartiers à la Base. Il restera ensuite quatre jours pour rentrer dans sa bulle.

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